Situation actuelle

Depuis cette dernière décennie, la traite des êtres humains est au premier plan des préoccupations mondiales. Ce fléau prend également de l’ampleur en Suisse car c’est un pays de destination et de transit.

A l’exception du canton de Genève, la Suisse est touchée principalement par la TEH aux fins d’exploitation sexuelle (rue, bar, saunas, cabarets, maisons de prostitution). Toutefois, d’autres domaines sont aussi concernés comme la mendicité, les vols organisés, l’économie domestique et la restauration.

Les victimes d’exploitation sexuelle proviennent principalement de Hongrie, de Roumanie, de Bulgarie, de Slovaquie, de Thaïlande, de Chine, du Nigéria, du Brésil et d’Erythrée.

Les criminels sont difficiles à appréhender car ils sont très bien organisés et ont  la possibilité de délocaliser très rapidement leurs activités et de recommencer ailleurs en Europe. De plus,  les victimes déposent rarement plainte par peur de représailles et/ou par manque de confiance envers nos autorités.

La Commission européenne tient à la disposition des organisations de la société civile de tous les Etats de l’UE une nouvelle plate-forme de lutte contre la traite des êtres humains visant à renforcer leurs échanges d’informations et d’expériences et à améliorer leur mise en réseau intereuropéenne.

Des chiffres

Au niveau mondial

Selon l’organisation internationale du travail (OIT), l’attention portée à l’exploitation de la force de travail est largement insuffisante. L’OIT avance le chiffre de 21 millions de personnes maintenues exploitées en tant que main d’œuvre. 11,4 millions de femmes et de filles et 9,5 millions d’hommes et de garçons. Près de 19 millions d’entre elles sont exploitées par des particuliers ou des entreprises privées et plus de 2 millions par un Etat ou des groupes rebelles. Parmi celles qui sont exploitées par des particuliers ou des entreprises, 4,5 millions subissent une exploitation sexuelle forcée. Dans l’économie privée, le travail forcé génère 150 milliards de dollars de profits illégaux par an. Outre l’industrie du sexe, leurs activités concernent l’agriculture, la gastronomie, le bâtiment, l’aide au ménage/l’aide aux personnes âgées chez les particuliers, le travail en usine, les conflits militaires et autres http://www.ilo.org/global/topics/forced-labour/lang–fr/index.htm

Il est toutefois extrêmement difficile de faire une estimation chiffrée de la traite des êtres humains étant donné que ce type d’activité se déroule principalement dans les milieux criminels et est obscurci par d’autres formes d’infractions. Par peur de représailles et par méfiance envers les autorités, les victimes de la traite d’êtres humains sont rarement prêtes à porter plainte contre leurs tortionnaires ou à témoigner. Or leurs déclarations sont un élément essentiel pour la poursuite des infractions.